Via del labirinto – Alain Daniélou et la peinture

Tout au long de sa vie, et plus encore au cours de ses dernières années, dans sa maison de Zagarolo, petit village de la campagne romaine, Alain Daniélou n’a cessé de peindre — aquarelles, huiles, fresques — et de dessiner dans une rue qui de mémoire d’hommes, est nommée « rue de la colline du labyrinthe »,
C’est à l’âge de treize ans qu’il découvre la peinture. « Je laissais les couleurs, les formes s’exprimer à travers un pinceau dont je ne contrôlais pas les mouvements », écrira-t-il. Puis à propos des aquarelles : « Elles permettent une traduction directe de l’atmosphère d’un paysage, une sorte d’analyse intuitive des composantes de la beauté du monde ». Ou encore des portraits : « C’est un art à part, basé sur une forme subtile de dessin qui devient une sorte de diagramme réalisé par un psychologue qui fouille l’âme secrète de son modèle ».
La littérature consacrée à la vie et à l’oeuvre d’Alain Daniélou ne manque pas, à commencer par son autobiographie, « Le chemin du labyrinthe ». Ses travaux concernant l’Inde où il vécut presque vingt ans, ses livres concernant la musicologie et son soutien des musiques d’art de l’orient sont reconnues dans le monde entier. Mais aucun ouvrage, jusqu’alors, n’avait été dédié à sa peinture. C’est chose faite avec « Via del labirinto »: un double hommage que la fondation a souhaité rendre, d’une part à Alain Daniélou, d’autre part à sa nièce Sophie Bassouls, à l’occasion de ses quatre-vingt-dix ans.
Photographe de renom, Sophie Bassouls a notamment dirigé le service photo de L’Express, du Figaro Littéraire, travaillé pour l’agence Sygma… C’est ainsi qu’au fil des ans, elle a constitué un fonds riche de milliers de portraits d’écrivains et d’artistes, témoins de la vie intellectuelle et culturelle internationale. On lui doit les nombreuses photos qui illustrent ce livre : celles d’Alain Daniélou et de ses peintures.
Le texte qui les accompagne et s’attache à retracer la parcours d’Alain Daniélou, en tant que peintre, tout comme son rapport à cette discipline qu’il a abordé avec l’absolue liberté, l’atypisme et l’anti-conformisme qui l’ont toujours caractérisé, est signé Alin Avila. Critique d’art, éditeur, commissaire d’exposition, galeriste…, il a par ailleurs réalisé cet ouvrage, co-édité par sa maison d’édition, Area, en collaboration avec Asieur, celle de la fondation.
Enfin, président honoraire de la fondation, photographe talentueux lui aussi, Jacques Cloarec a rédigé la préface. C’est en 1962 qu’il rencontre Alain Daniélou, dont il sera l’assistant et le compagnon jusqu’à son décès en 1994.
Nous ne pouvons que vous inciter à vous procurer ce magnifique ouvrage, directement auprès d’Area ou sur les principaux sites de vente en ligne (Amazon, Cultura, Arcanes…).
